mardi 5 juin 2007

Aime-moi moins, mais aime-moi longtemps













Dur à dire hein ? Il s'agit de la dernière parole de Louis Garrel lorsque, perché sur une fenêtre, il adresse une ultime recommandation à son amant d'un soir, dans Les chansons d'amour, de Christophe Honoré...

Cette phrase vous hantera longtemps après avoir quitté la salle. Elle est la clef de voûte du film, son leitmotiv, l'espoir d'une vie à deux possible, longtemps. Cette phrase me fout grave les boules. Elle est assez définitive, et pourtant, elle soulage. Car elle survient après une longue errance du personnage principal - Ismaël, joué par Louis Garrel - dans Paris. Ce film est un film sur l'absence et le manque, à en crever, à en perdre des litres de sang et d'eau jusqu'à en devenir sec.

Et surgit cette phrase en forme de rédemption.

Je ne sais pas trop que dire de ce film. Il est à ressentir plus qu'à écrire... S'il est aussi bouleversant, c'est en grande partie dû aux chansons origninales composées par Alex Beaupain et magnifiquement mises en musique par Frédéric Lo (arrangeur du Crève coeur de Daniel Darc). Difficile de dire lequel du scénario ou de la bande originale a fondé le film, tant les deux sont imbriqués. Le tout forme un objet visuel et musical d'une grande beauté, terriblement actuel et tellement vrai.

Louis Garrel y est incroyable de désinvolture et de tristesse rentrée. La caméra de Christophe Honoré n'y est pas pour rien, qui filme les acteurs (Ludivine Sagnier, Clothilde Hesme, Grégoire Leprince-Ringuet, Chiara Mastroianni) avec une grande tendresse.

Je n'ai pas pour habitude de vous conseiller un film ou un disque - après tout je ne fais que raconter ma vie, ici - mais cette fois, mes amis, allez-y, vous en sortirez emplis de la joie indicible et tranquille de celui qui sait.

Lave ma mémoire sale dans son fleuve de boue
Du bout de ta langue nettoie-moi partout
Et ne laisse pas la moinde trace
De tout ce qui me lie et qui me lasse
(Ma mémoire Sale)

vendredi 23 mars 2007

mercredi 14 mars 2007

Musique d'ascensair


C'est certain, le visuel est très beau. Epuré, transparent, liquide. Comme la musique de ce nouveau Air. Moon safari était spatial, 10000 Hz Legend sinueux, Talkie Walkie organique, Pocket Symphony est donc liquide.

L'évolution ne paraît pas forcément logique sur le papier, elle l'est pourtant. Sur ce disque, Air veut tendre vers l'épure, se dégager de toute contingence matérielle, se concentrer sur l'essentiel : sa musique. C'est ce qui explique que l'on trouve beaucoup moins de morceaux vocoderisés que d'habitude, et que les seules véritables chansons sont laissées aux inénarables Jarvis Cocker (Pulp) et Neil Hannon (The divine Comedy).

Bon, les copains, je ne vais pas délayer plus longtemps : ça fait bougrement musique d'ascenseur, tout ça. D'accord, ascenseur du Ritz ou du Plazza Athénée, mais ascenseur quand même. C'est agréable, c'est doux, c'est cotonneux, mais ça ne mange pas de pain. Cet album ne restera pas parmi les meilleurs de la discographie du groupe, dans laquelle je préfère de loin Moon safari, paru en 1998. En ce temps là, des singes mignons peuplaient la Lune et des sexy boys draguaient ouvertement des jeunes filles nommées Kelly, la tête plantée dans les étoiles. On était jeunes et cons, et on avait la vie devant nous. Ce disque, c'est un peu la renonciation petite bourgeoise, le Bayrou au second tour.
Les boules :/

vendredi 9 mars 2007

De l'Olympic à l'Olympia















Il y a maintenant un an et demi, je prenais la route de Nantes, un soir de semaine, après le travail, pour aller assister à l'Olympic au concert d'un petit groupe de Montréal. Ce concert était rare : seules deux dates étaient prévues en France, dont une à Paris. Ce groupe, c'était Arcade Fire. Ce concert, ce fut l'un des meilleurs auxquels il m'a été donné d'assister, à placer dans mon Panthéon personnel avec le concert de Radiohead au Zénith de Paris en 97 et celui de Mercury Rev à l'Elysée Montmartre en 99. Ce concert s'est terminé dans la rue, comme souvent avec Arcade Fire. Il fut d'une grande intensité, d'une incandescence telle que j'en eu même du mal à rentrer chez moi immédiatement après, tout sonné que j'étais...

Lundi 19 mars, Arcade Fire donne un concert à l'Olympia, à Paris. J'y serai, croyez-le bien.

mardi 5 décembre 2006

mercredi 22 novembre 2006

God bless Two Gallants


















Ce qui s'est passé hier soir était assez fort. Le son était effectivement un poil trop poussé. Mais c'est un débat que je ne lancerai pas ici.

Les Two Gallants portent bien leur nom, puisqu'ils sont deux. Mais ils font du bruit pour quatre (non non, je ne lancerai pas le débat sur les concerts trop forts, n'insistez pas).
C'est assez impressionnant de voir sur scène ces deux oisillons tombés du nid : maigrichons, l'air hagard, les cheveux en vrac, mal fagotés (mon dieu, ce gilet écossais...), on ne peut pas dire qu'Adam Stephens et Tyson Vogel paient de mine.

Mais leur musique, si.

Sorte de folk sous acide, elle est sans concessions : à peine les lumières éteintes, les doigts d'Adam se mettent à courir à une vitesse folle sur le manche de sa guitare Gretsch, au son clair et rarement saturé, tandis que Tyson s'agite comme un pantin désarticulé et frappe comme un sourd sur sa batterie. La voix d'Adam s'échappe de ce brouhaha savamment orchestré, et on comprend qu'il chante les ballades ancestrales de l'Ouest profond. Ils en ont bavé ces deux là, et on ne veut même pas savoir pourquoi. On prend ce qu'ils nous donnent et on est presque gênés d'être là. Quand la reverb emplit la salle et que la batterie se tait, la rage se mue en désespoir, et le chant devient complainte. Cette musique est éternelle. Il n'y a que le folk qui fait ça. Je suis vivant.

dimanche 12 novembre 2006

American idols












J'écoute beaucoup de musique américaine en ce moment. Bon, il y a les classiques comme le Velvet, Dylan, The Modern Lovers, Television et consorts. Mais je ne les écoute pas tous les jours. Alors je cherche de la chair fraîche. Face aux brittons qui nous sortent un disque de l'année par semaine (dernière coqueluche en date : The Kooks), je préfère de loin me tourner vers des groupes moins propres et plus authentiques (enfin je crois). On les trouve plutôt aux Etats-Unis en ce moment. J'ai ainsi découvert récemment Cold War Kids, dont l'écoute d'un morceau, Hang me up to dry , m'a fait l'effet des premières écoutes d'Arcade Fire : un son brut, une envie d'en découdre rares. J'attends avec impatience la sortie de l'album (janvier 2007 ?). En attendant je danse tout seul comme un con dans mon salon.